Publié le 16 février 2026 Mis à jour le 4 mars 2026

Cette table ronde se propose d'explorer l'alternative entre le travailler et le ne pas travailler en mettant au cœur de la question une réflexion philosophique sur le travail.

Date(s)

le 20 mars 2026

De 15h45 à 17h15
Type(s) d'évènements

Pourquoi travailler ? Pour produire, bien sûr ! Et a fortiori dans un monde organisé par la logique du capitalisme qui avale tout, jusqu'à des activités alors impensables sous le concept de travail comme le loisir ou la création artistique. Dans ce contexte, on a donc envie de répondre : ne pas travailler ! Mais ce serait peut-être un rejet trop extrême, puisque cela reviendrait à confondre la critique philosophique du travail en régime capitaliste avec une attaque nihiliste contre toute activité humaine productive.

Cette table ronde se propose d'explorer l'alternative entre le travailler et le ne pas travailler en mettant au cœur de la question une réflexion philosophique sur le travail.

Plusieurs directions peuvent alors être abordées, qui consistent à explorer le travail hors de l'image productiviste effrénée qui hante notre imaginaire de cette notion. "Travailler sur le travail" est alors un programme qui exige une certaine inventivité. Est-il possible, par exemple, de prendre au sérieux la perspective nouvelle qu'André Gorz appelle « une civilisation du temps libéré » (Le Monde diplomatique, mars 1993) ? Peut-on chercher dans les ressources d'un croisement entre philosophie et psychanalyse la possibilité d'une "psychodynamique du travail", ainsi qu'ont tenté de le faire Christophe Dejours et Marie Pezé ? Y a-t-il chez des auteurs comme Georges Bataille ou Michel Foucault les ressources pour penser une expérience ou un "travail sur soi" qui ne soit pas la consommation d'un certain type de produits culturels promettant un développement personnel standardisé ?
En tirant ainsi un pont qui va de la réflexion utopique à l'analyse des pratiques concrètes, on pourra ouvrir la voie d'une réponse critique à la question "pourquoi travailler ?"

INTERVENANT.E.S

  • Barbara Zauli, Présidente et directrice de programme du CIPh. Docteure en philosophie, chargée d'enseignement aux Universités Paris8 / Vincennes Saint-Denis et Paris Cité. Se situant dans les champs de l'esthétique et de la philosophie politique, ses recherches actuelles portent sur une interprétation politique de l'expérience intérieure ;
  • Valentin Schaepelynck, Directeur de programme au CIPh. Maître de conférence à l'Université Paris8 / Vincennes Saint-Denis ;
  • Manola Antonioli, Docteure en philosophie et sciences sociales de l’EHESS-Paris et HDR en esthétique (architecture). Elle est actuellement professeur de philosophie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette, chercheuse au sein de l’ UMR LAVUE 7218 CNRS et directrice de programme au Collège International de Philosophie. Elle a publié de nombreux articles sur la philosophie de l’architecture et de l’urbain, l’esthétique, la philosophie des techniques, la théorie du design, la philosophie contemporaine française, ainsi que des ouvrages personnels ou collectifs qui se situent dans les mêmes domaines de recherche. Derniers ouvrages publiés (direction ou codirection) : Critique de la raison automatique, (Paris, Presse des Éditions des Mines, 2022) ; In-between (Paris, Loco, 2022) ; Entre les lignes (Sesto San Giovanni, Mimésis, 2021) ; Manifeste pour une politique des rythmes (Lausanne, EPFL Press, 2020) et Saturations. Individus, collectifs, organisations et territoires à l’épreuve (Grenoble, Elya Editions, 2020), avec Guillaume Drevon, Luc Gwiazdzinski, Vincent Kaufmann et Luca Pattaroni ;
  • Pierre-Mehdi Hadj Sassi, Ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm, agrégé et docteur en philosophie, il enseigne la philosophie en lycée à Sarcelles. Ses recherches personnelles portent sur les liens entre la philosophie moderne et ses critiques contemporaines, notamment à travers le fil de la question du sujet. Élu au Collège international de philosophie en 2025, il dirige le programme "L'esprit critique au XXIème siècle".
En partenariat avec le Le Collège international de philosophie (CIPH).